Haitian President Jean-Bertrand Aristide’s Amazing Speech as he Returns Home, Defying U.S. DemandsPremier discours d’Aristide

By President Jean-Bertrand Aristide
Haiti Chery

English | French

Translated from the French by Dady Chery, Haiti Chery

The following speech was delivered by Jean-Bertrand Aristide from the VIP lounge of the Toussaint Louverture airport in Port-au-Prince, while his wife and two daughters cried tears of joy, and thousands of supporters cheered and waived posters of welcome.

President Jean-Bertrand Aristide steps out of the airplane that brought him to Port-au-Prince.

Jean-Bertrand Aristide’s First Speech on His Return From Seven Years of Exile

Friday March 18, 2011

“My sisters and brothers, if you could place your hands on my heart, you would feel how it beats faster for telling you bravo, thank you, bravo, thank you!” Aristide said.

He urged all not to forget the victims of the Japan disaster.

“Honor-respect! Honor for you, and respect for the memory of our 300,000 earthquake victims”, he said.

He thanked South African President Zuma, former president Mbeki, Mandela, his brothers and sisters from central Africa, Jamaica, and South Africa.

“Although Haiti is far from Africa, we will never forget our cultural roots.  We will always tell our children and grandchildren to remember where our ancestors come from….  In union there is strength, in division weakness…. My sisters, my brothers, as you know, the lovely rose of gratitude from our country will always bloom for our true friends from abroad, some who are here with us and others in many other places….”

President Aristide (center) arrives in Port-au-Prince.

He greeted his sisters and brothers from Cuba and especially the Cuban doctors who are battling the cholera epidemic.

“My sisters and brothers, if you could lean your heart against mine, you would hear how it beats faster, you would hear how it sings a consoling melody for Haiti.  Haiti is our mother who needs to breathe the oxygen of dignity….”

President Aristide gives his first press conference after arriving in Haiti on March 18, 2011, two days prior to scheduled second-round national elections.

“Since the earthquake, if I could transform the chambers of my heart into the rooms of a house, I already know how many rooms would be there for all the victims, to keep them from sleeping in the streets, from the mud… the humiliation…. Yes.  The humiliation of one Haitian is the humiliation of all Haitians. When the dignity of one Haitian is wounded, it is the dignity of all Haitians that bleeds. Our blood is the blood of Toussaint Louverture.  We cannot betray our blood. My sisters, my brothers, today the birthing of the return was done in the shadow of Toussaint Louverture.  When he was kidnapped into exile in June 1802, he said that liberty has many roots, and they are deeply planted.”

“The Welcoming Committee” (Photo: Etant Dupain)

“To cut the trunk of liberty is one thing, but the roots can never be wiped out.”

“Today, in the shade of Toussaint Louverture, we are happy to come engage the youth, you the new generation, who want education in dignity and without exclusion… The problem of exclusion, its solution is inclusion. The exclusion of Fanmi Lavalas is the exclusion of the majority. The exclusion of the majority is tantamount to cutting the branch on which we sit.  The problem of exclusion, its solution is the inclusion of all Hatians without favoritism, because “Tout moun se moun!” (We all are human beings!)

“To honor Jean-Jacques Dessalines we come to bring you our little bit of help.  With the little ball of education centered in the court of dignity, we will kick exclusion to the outside and this way, the new generation will begin to benefit from the wealth that slumbers deep within Haiti:  gold, copper, uranium, bauxite, silver…  The calcium carbonate to be found in Miragoane is valued at more than U.S. $23 billion.  The petroleum reserves are no doubt larger than estimated…  But we Haitians, we are the greatest wealth….”

“For seven years, we communicated from afar.  Today we are here to sow peace everywhere, all the time….  You Haitians who love peace, we condemn all forms of violence, so that the education of our youth can be done with peace in the head and peace in the belly.  Haiti is very sick.  From February 29, 2004 till today the disease has worsened…  The greatest hope for Haiti is Haitians.  The strongest remedy for Haiti is love….   As the crocus’ bloom depends on sunlight, so Haiti’s bloom depends on our love.”

“My job is to serve you with love.  Your job is to live so Haiti does not die.  The job of a good patriot is to love his country.”

Sources: Haiti Chery (English translation, images) |  Haiti Libre (French)

Translation © Copyright 2011-2014 by Dady Chery. All rights reserved.By President Jean-Bertrand Aristide
Haiti Chery

anglais | français

Premier discours d’Aristide

L’ancien président, vêtu d’un costume bleu sombre, est descendu de l’avion en souriant, accompagné de sa femme Mildred et de ses deux filles qui pleuraient d’émotion. Il a reçu un accueil protocolaire du Secrétaire Général de la Présidence haïtienne, Fritz Longchamp, en présence d’une cinquantaine de personnes venues pour l’accueillir. Un peu plus tard l’ex-Président Jean Bertrand Aristide s’est rendu au Salon VIP de l’aéroport, pour y donner son premier discours en conférence de presse.

President Jean-Bertrand Aristide stepping out of the airplane that brought him to Port-au-Prince.

President Aristide (center) arrives in Port-au-Prince.

“The Welcoming Committee” (Photo: Etant Dupain)

President Aristide giving his first press conference after arriving in Haiti on March 18, 2011, 2 days prior to scheduled national elections.

«Mes sœurs et frères si vous pouviez poser vos mains sur mon cœur vous sentiriez comment il bat plus vite pour vous dire bravo, merci, bravo, merci»

rappelant de ne pas oublier les victimes du désastre du japon.

«honneur respect, honneur pour vous, et respect en mémoire des 300,000 victimes du tremblement de terre»

remerciant le Président Zuma, Mbeki, Mandela, ses frères et sœur d’Afrique central de la Jamaïque et d’Afrique du sud

«Même si Haïti est loin de l’Afrique, nous n’oublierons jamais les racines de notre culture, nous dirons toujours à nos enfants et petits enfants de se souvenir d’où viennent nos ancêtres […] L’union fait la force, la division fait la faiblesse […] mes sœurs, mes frères comme vous le savez la belle rose de la reconnaissance du pays d’Haïti fleurira toujours pour les vrai amis étrangers que nous avons, qui sont ici avec nous ou dans divers autres pays…»

Puis il a salué ses sœurs et frères de Cuba et spécialement les médecins Cubains qui sont engagés dans la lutte contre le choléra.

«Mes sœurs et frères si vous pouviez pencher votre tête sur mon cœur, vous entendriez comment il bat plus vite, vous entendriez la façon dont il chante une mélodie de consolation pour Haïti. Haïti notre mère qui a besoin de respirer l’oxygène de la dignité…»

“…depuis le tremblement de terre, si je pouvais transformer les chambres de mon cœur, en chambres de maison, je sais déjà, quelle quantité de chambres que toutes les victimes trouveraient, pour arrêter de dormir dans la rue, dans la boue […] humiliation…[applaudissements] Oui, l’humiliation d’un haïtien, c’est l’humiliation de tous les haïtiens. Lorsque la dignité d’un haïtien est blessé, c’est la dignité de tous les haïtiens qui saigne. Notre sang est le sang de Toussaint Louverture, nous ne pouvons pas trahir notre sang. Mes sœurs, mes frères, aujourd’hui l’accouchement du retour a été fait sous l’ombrage de Toussaint Louverture. Lorsqu’ils l’ont kidnappé pour l’exiler, au mois de juin 1802, il avait déjà dit qu’il y a beaucoup de racines de la liberté et elles sont bien plantées, couper le tronc de la liberté est une chose, mais jamais toutes les racines ne pourrons être éliminées…»

«…aujourd’hui, sous l’ombrage de Toussaint Louverture, nous sommes content de venir nous tenir avec tous les jeunes, vous, la nouvelle génération, qui voulait l’éducation dans la dignité sans exclusion… le problème c’est l’exclusion, la solution c’est l’inclusion. L’exclusion de Fanmi Lavalas c’est l’exclusion de la majorité. L’exclusion de la majorité égale à couper la branche sur laquelle nous sommes assis. Le problème c’est l’exclusion, la solution c’est l’inclusion de tous les haïtiens sans parti pris, parce que Tout moun sé moun»

«Pour l’honneur de Jean Jacques Dessalines nous venons apporter notre petit concours, si le petit ballon de l’éducation est centrée sur le terrain de la dignité, nous mettons l’exclusion à l’extérieur et de cette façon, la nouvelle génération va commencer à bénéficier des richesses qui dorment dans les entrailles d’Haïti : l’or, le cuivre, l’uranium, le bauxite, l’argent… Le carbonate de calcium qui se trouve à Paillant, Miragôane dépasse les 23 milliards de dollars américains. Les réserves de pétrole sont sans doute plus grande que nous croyons… Nous mêmes les haïtiens, nous sommes la plus grande richesse…»

«Pendant sept années nous avons communiqué à distance, aujourd’hui nous somme là pour semer la Paix tout partout, tout le temps […] Vous-mêmes haïtiens qui aimer la Paix, nous condamnons toutes les formes de violence, pour que l’éducation de la jeunesse puisse déboucher sur la Paix mentale et la Paix dans le ventre. […] Nous sommes là, pour aller là où il y a la misère, la faim, le chômage, l’insécurité… Haïti est très malade, du 29 février 2004 jusqu’à aujourd’hui, la maladie est devenue plus grave… Le plus gros espoir d’Haïti ce sont les haïtiens, le plus gros remède pour Haïti c’est l’amour… […] Si l’éclosion du crocus dépend des rayons du soleil, l’éclosion d’Haïti dépend du soleil de notre amour»

«Mon rôle est de vous servir dans l’amour, votre rôle est de vivre pour que Haïti ne meurt pas, le rôle du bon patriote est d’aimer son pays… [applaudissement]»

Aristide a ensuite quitté l’aéroport à bord d’un véhicule blindé, traversant une foule de plusieurs milliers de partisans venus l’accueillir, brandissant dans une ambiance festive, des pancartes en créole:

«Bon retour au président Aristide»,

«Président Aristide vous êtes un symbole pour le peuple haïtien»,

avant de rejoindre sa résidence de Tabarre.

Source:  Haiti Libre

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