When Peru Practiced Mass Sterilization With IMF BlessingsQuand le Pérou pratiquait des stérilisations massives avec la bénédiction du FMI

By Henry Moreigne
Le Monde

French | English

Translated from the French by Dady Chery for Haiti Chery

The French media have said little in favor of the victory by leftist-nationalist candidate Ollanta Humala over Keiko Fujimori, daughter of former President Alberto Fujimori, in Sunday’s Peruvian presidential elections. The elections revived a scandal about a forced-sterilization program led by Alberto Fujimori from 1995 to 2000 with blessings from the IMF, financial support from NGOs including the United Nations Fund for Population Activities (UNFPA), and few questions about the approaches used.

Under IMF tutelage and banner for the fight against poverty by birth control, during the late 90’s Alberto Fujimori, Peruvian politician of Japanese ancestry, promoted a program of forced sterilization for the lowest social strata. Illiterate indigenous peasants were the key target. The reported number of victims is 300,000. Over the same period 25,590 men underwent vasectomies.

The family planning program that advocated this voluntary surgical contraception (AQV) was answering a call from the IMF to reduce the country’s birth rate.

In exchange for bonuses, government emissaries persuaded women to let themselves be operated on for some cash and for food that was limited mostly to a bag of rice. The finality of the sterilization was kept hidden. Appalling sanitation resulted in medical complications. Over 20 deaths were officially recorded.

The reports mostly show that the victims were usually not informed when they gave their consent, and coercive measures were often used. The program also involved a quota system. Public-sector medical personnel were forced, under threat of dismissal, to sterilize some number of women set by their department every month.

In twenty years, only one family has been compensated, although around 2,000 have filed complaints.

Although many observers have expressed concern about Ollanta Humala, whose personality is presented as caustic because of his Marxist-Leninist roots, the victory of this former lieutenant-colonel seems more like “The Revenge of the other Peru”: that of the poor Indian. Peru’s 48-year old new president is putting aside the Chavez model and wishing to follow in Lula’s footsteps.

Sources: Le Monde (French) | Haiti Chery (English)

© Copyright 2011-2013 by Dady CheryPar Henry Moreigne
Le Monde

français | anglais

Les médias français ont fait peu de cas de la victoire dimanche aux présidentielles péruvienne du candidat nationaliste de gauche Ollanta Humala contre Keiko Fujimori, la fille de l’ancien président Alberto Fujimori. Cette élection ravive le scandale de la politique de stérilisation forcée menée par Alberto Fujimori de 1995 à 2000 avec la bénédiction du FMI et le soutien financier d’ONG, dont le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), peu regardantes sur les méthodes employées.

Sous la tutelle du FMI, et au titre de la lutte contre la pauvreté qui passait par une maîtrise de la natalité, Alberto Fujimori, homme politique péruvien d’ascendance japonaise a conduit à la fin des années 90 une politique de stérilisation forcée des couches sociales les moins favorisées. Des paysannes analphabètes indigènes pour l’essentiel. Le chiffre de 300 000 victimes est avancé. Sur la même période 25 590 hommes subissaient une vasectomie

Le programme de planification familiale prônant l’anticonception chirurgicale volontaire (AQV) répondait à une requête du FMI afin de réduire le taux de natalité du pays.

En échange de primes des émissaires gouvernementaux devaient convaincre les femmes de se laisser opérer contre de l’argent et des vivres qui se limitaient pour l’essentiel à un sac de riz. Le caractère définitif de la stérilisation était caché. Les conditions sanitaires étaient déplorables provoquant des complications médicales. Plus de 20 décès sont officiellement recensés.

Mais surtout différents rapports attestent que le plus souvent, les victimes n’ont pas été informées avant de donner leur consentement et que le recours à des mesures coercitives était fréquent. Le programme reposait d’ailleurs sur un système de quotas. Le personnel médical du secteur public était contraint, sous peine de licenciement, de stériliser chaque mois un certain nombre de femmes fixé par le ministère.

En vingt ans, seule une famille a été indemnisée alors qu’elles sont près de 2000 à avoir déposé plainte.

Même si de nombreux observateurs s’inquiètent de la personnalité d’Ollanta Humala présentée comme sulfureuse du fait de ses racines marxistes-léninistes, la victoire de cet ancien lieutenant-colonel sonne comme “la revanche de l’autre Pérou”, celle des Indiens pauvres. Délaissant le modèle Chavez, le nouveau président péruvien de 48 ans souhaite mettre ses pas dans ceux du brésilien Lula.

Source: Le Monde (français)

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