Fertile Land Seized for New Sweatshop ZoneUn déficit d’information publique sur le parc industriel du nord

By News Bulletin
Weekly Updates on the Americas | Canada Haiti Action Network

English | French

Residents of Caracol, a village in Haiti’s Northeast department, say they were never consulted or even warned about plans to build a huge new “free trade zone” (FTZ, a complex of assembly plants) on land where many of them have been farming for some 20 years.

Clinton promoting his sweatshops.

“It’s the most fertile area we have at Caracol,”

resident Renel Pierre told journalist Sylvestre Fils Dorcilus.

“It’s inconceivable and unacceptable that the government could choose this part of the land to set up an industrial park.”

The Parc industriel du Nord (Northern Industrial Park, PIN) is a joint project of the US government, the Inter-American Development Bank (IDB, or BID in French and Spanish) and South Korea’s leading apparel manufacturer, Sae-A Trading Co. Ltd. Together, they are putting some $300 million into the FTZ, which promoters claim will generate 20,000 jobs in the short term and 65,000 jobs over time. The Haitian government provided the land, which it says is state property; the administration of former president René Préval (1996-2001 and 2006-2011) promised to compensate the peasants who have been using it [see Update #1074].

“The government has no respect for us,”

Robert Etienne, a local farmer said to Dorcilus, whose three-part series on the project was produced with backing from the UK-based Haiti Support Group and was published by the online Haitian news service AlterPresse(full article, in French, is reproduced below).

“It was only one fine morning at the beginning of January–when a team of technicians came to explore the area–that we were told about the project.”

The technicians used heavy equipment to remove everything in their way, including crops and part of a church that a pastor, Arnold Baptiste, built there 10 years earlier.

“Imagine for a moment the wrongs done to peasant farmers who are getting ready to harvest their crops or who had just finished sowing.” Etienne said.

Some of the farmers have formed the Association for the Defense of Caracol Workers’ Rights (ADTC) to demand compensation and new land from the government. They indicate that they don’t trust the government’s promises, remembering that peasants in Ouanaminthe, on the Dominican border 45 km southeast of Caracol, reportedly were never compensated for land used to build the Compagnie de Développement Industriel S.A. (Codevi) FTZ there, which opened in 2003. (AlterPresse 7/4/11)

Other Caracol residents are optimistic about the FTZ. A young woman identified as “Yole” told Dorcilus that unemployment was at “a high point” in the department, as in the rest of the country.

“Sure, working conditions for employees in the industries are alarming, but I think the industrial park will help young people a lot on the economic level,” she said.

In a study submitted to Haiti’s Economy and Finance Ministry (MEF), the Boston-based consulting firm KOIOS Associates LLC notes environmental problems with the project, such as air pollution, residual waste and the heavy use of water resources by the plants. But many of these negative effects could be attenuated

“[i]f a sufficient proportion of additional tax revenues [expected from the FTZ] were dedicated to the development and improvement of the region’s social and physical infrastructures,”

according to the report. (AlterPresse 7/6/11)

The new FTZ is clearly a priority for the US government. In early June Cheryl Mills, chief of staff for US secretary of state Hillary Clinton, paid her second visit to the site, accompanied by a high-level delegation that included US ambassador Kenneth Merten, US Agency for International Development (USAID) deputy mission director Anthony Chan and Mark D’Sa, an executive from the US retailer GAP who is “on loan” to the State Department. (Haïti Libre 6/15/11)

According to Koios Associates, Oxford University economist Paul Collier, who wrote a United Nations “development plan” for Haiti in 2009, calls the project

“development as it should be done.”

“This will be a match that strikes a fire and gets things going,”

former US president Bill Clinton (1993-2001) predicts. (Koios Associates website, accessed 7/10/11)

 

Sources: Weekly Updates on the Americas | CHAN

Update: Caracol Free-Trade Zone Jeopardizes Natural and Cultural Heritage

 Par Sylvestre Fils Dorcilus
Alter Presse

anglais | français

Port-au-Prince – Alors que les travaux de construction de la clôture du terrain devant abriter le Parc Industriel du Nord (PIN) ont démarré, la population de Caracol (Nord) demeure peu informée des tenants et aboutissants de l’opération en cours.

Les travaux font suite à la signature le 14 décembre 2010 d’un accord entre le gouvernement haïtien et le gouvernement des États-Unis, en partenariat avec la Banque Interaméricaine de Développement (BID), pour la mise en œuvre de ce projet.

Clinton en promouvant ses ateliers de misère.

Cependant ce n’est qu’au cours des travaux que les résidents de la localité, en particulier les occupants du terrain, ont pris connaissance de cette initiative.

« La population de Caracol n’a pas été informée au préalable de ce projet. Je n’ai jamais entendu parler d’un projet de Parc industriel dans la commune. Même les élus locaux n’ont été informés que lors du démarrage des travaux »,

indique l’agriculteur Alexis Jacqueson.

La commune de Caracol, à 45 kilomètres de la ville frontalière Ouanaminthe, où fonctionne depuis 2003 une Zone franche, compte environ 10 000 habitants.

Perspectives incertaines

Robert Etienne, la quarantaine, originaire de Glodine (localité de Cararol), comme d’autres habitants de la zone, n’a pas mâché ses mots pour dénoncer ce qu’il appelle l’« irrespect » du pouvoir central (administration de l’ancien président René Préval) envers la population de Caracol.

« Le gouvernement n’a aucun respect pour nous [habitants de Caracol]. C’est seulement un beau matin au début du mois de janvier dernier, quand une équipe de techniciens est venue pour explorer le terrain, que nous avons été informés du projet »,

explique Robert, l’air désabusé.

Robert et Alexis, tous deux cultivateurs victimes, déplorent que

« n’ayant pris contact avec aucun d’entre eux (les planteurs) »,

les techniciens, une fois arrivés sur le terrain avec des engins lourds, ont rasé tout ce qu’ils ont trouvé sur leur passage.

« Imaginez un instant les torts causés à des paysans-planteurs qui s’apprêtent à récolter ou qui viennent à peine de semer »,

s’exclame Robert en montrant du doigt l’espace qu’ils cultivaient ensemble depuis environ dix ans.

Le lancement des travaux a également été une surprise pour d’autres citoyens qui évoluent dans différents secteurs à Caracol. C’est le cas notamment du pasteur Arnold Baptiste qui occupe une partie du terrain depuis plus de dix ans.

« Je n’en ai rien su »,

explique le pasteur Arnold Baptiste. Une partie du bâtiment de l’église qu’il dirige a été détruite durant les travaux. Lui aussi appelle au dialogue et à la réparation des dommages.

Ayant encore en mémoire l’histoire de la Zone franche de Ouanaminthe, dans le Nord-Est, ils sont plusieurs parmi les résidents de la localité à se soulever contre les autorités haïtiennes pour réclamer dédommagement, réparation et relocalisation.

« Nous allons nous organiser pour forcer l’État à assumer ses responsabilités vis-à-vis de nous »,

scandent des planteurs regroupés au sein de l’Association pour la Défense des Droits des Travailleurs de Caracol (ADTC).

L’ADTC, protestant contre les dispositions gouvernementales, demande aux autorités de prendre des mesures d’urgence pour dédommager et relocaliser les paysans-planteurs qui exploitent le terrain pour la plupart depuis une vingtaine d’années.

Des emplois et… un éventuel désastre écologique

Le projet, qui, selon les initiateurs, devrait générer 20.000 emplois à court terme et 65.000 emplois à long terme dans le secteur de la sous-traitance, sera exécuté sur près de 250 hectares de terre en deux phases. La première phase, consacrée à la mise en place de certaines infrastructures, dont la clôture globale du terrain, quant à elle, sera exécutée sur 75 hectares de terre, selon des documents officiels dont dispose l’agence AlterPresse.

Selon le Centre de facilitation des investissements (CFI), le gouvernement américain et la Banque Interaméricaine de Développement (BID) se sont engagés à investir 140 millions de dollars américains pour la production de l’électricité du parc industriel, la construction de près de 5.000 logements et la mise en place d’infrastructures manufacturières.

La firme sud coréenne Sae-A Trading Co. Ltd, qui s’installera dans le parc, projette, pour sa part, d’investir 78 millions de dollars américains.

Le gouvernement haïtien s’occupera de la gestion du parc, et apportera le support et la surveillance. Il doit s’assurer en outre que la nouvelle construction adhère aux normes permettant de résister aux désastres naturels.

Le projet, toujours selon des documents officiels, inclut le développement des infrastructures routières, de logements, de l’accès à l’énergie, ainsi que la logistique et la construction de la première usine textile de la compagnie Sae-A Trading Co. Ltd.

En dépit des opportunités que les initiateurs du projet font miroiter, la crainte d’une atteinte à l’agriculture haïtienne et la dégradation de l’environnement, déjà fragilisé, parait certaine. De nombreux résidents de Caracol, interrogés, dénoncent le fait que le gouvernement a choisi d’installer des infrastructures industrielles sur des terres cultivables.

« C’est l’espace le plus fertile que nous avons à Caracol. Il est inconcevable et inacceptable que l’État puisse choisir cette portion de terre pour établir un parc industriel »,

dénonce Renel Pierre, un citoyen de la localité. Il dit regretter que

« la population ne peut rien faire pour forcer l’État à revenir sur sa décision. »

 

Origine: Alter Presse

 

 

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