La présidence hésite à fixer d’échéance pour la reconstitution de l’armée

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Par le personnel (rc apr)
AlterPresse

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Commentaire. Tandis que Martelly s’achète du temps pour préparer la répression en parlant poliment de présenter l’idée des nouvelles Forces Armées d’Haïti (Forces Armées d’Haïti, FAd’H) à diverses revues, les États-Unis vendent des armes au pays, et des groupes de bandits s’appelant les « anciens soldats démobilisés » (depuis 1994) effectuent des exercices d’entraînement militaires à travers le pays. On n’a aucune information sur qui dirige et qui paie ces groupes paramilitaires.

Dady Chery, éditeur
Haïti Chery

Port-au-Prince — Les recommandations, faites par la commission ad hoc sur le rétablissement de l’armée en Haïti – un vœu sans cesse renouvelé par le président Michel Joseph Martelly depuis sa prise de fonction en mai 2011 – seront soumises aux pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, annonce Martelly qui semble hésiter à s’accorder de délai définitif, contrairement aux premières assertions favorables à la date du 18 novembre 2011.

S’exprimant à l’occasion de la commémoration du 208 e anniversaire de la déclaration d’indépendance nationale, le dimanche 1er janvier 2012 aux Gonaïves (la cité de l’indépendance, à 174 km au nord de Port-au-Prince), Martelly affirme avoir reçu (fin décembre 2011) un premier rapport de la commission ad hoc sur le rétablissement d’une force armée.

Ladite commission, qui a vu le jour en novembre 2011, se donne, pour sa part, une échéance jusqu’en mai 2012 pour formuler ses propositions à la présidence.

Paramilitaires haïtiens pendant un entrainement en 2011 (Credit: Andres Martinez Casares/NYT).

En 2011, sans aucun cadre légal ni institutionnel, divers groupes, se positionnant sous le label

« d’anciens militaires démobilisés » (de 1994),

ont commencé à réaliser différents exercices d’entraînement militaire, en plusieurs points du territoire national.

Aucune information ne filtre, ni sur les sources de financement, ni sur les commanditaires de ces « groupes » ayant initié des exercices d’entraînement militaire, sans aucune concertation ni disposition administrative.

Depuis 1995, la police nationale d’Haïti (PNH) reste la seule force armée officielle, effective sur le territoire d’Haïti à côté des forces onusiennes déployées après maintes résolutions du conseil de sécurité de l’organisation des Nations Unies (ONU), la dernière remontant à juin 2004 et renouvelée depuis lors tous les ans (en octobre de chaque année) avec des objectifs plus nuancés au fur et à mesure.

La position de Martelly pour l’existence d’une nouvelle force armée en Haïti est diversement interprétée par les secteurs nationaux et internationaux.

Pour certains, cela ne représente point une priorité à l’heure actuelle au regard des multiples défis (notamment environnementaux), auxquels fait face Haïti.

Pour d’autres, y compris de voix émanant d’anciens officiers et haut-cadres militaires, remettre sur pied une nouvelle force armée suppose des préalables, comme beaucoup de débats de concertation avec différents secteurs nationaux, sur la mission à profiler, d’autant que l’armée défunte – qui a participé à plusieurs coups d’Etat militaires – est responsable de nombreuses atrocités sur les citoyennes et citoyens.

 

Origine:  AlterPresse

 

Voir aussi:
Full Text of the Open Letter from Oscar Arias Sanchez to Michel Martelly
No Haitian Army Anytime Soon. How About a Militia?
Harvest of Hope: Kevin Pina Documentary on Haitian Army, With Review by Dady Chery

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